Touche pas au Grisbi ! Osez le courage dans l’entreprise.

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Touche pas au Grisbi ! Osez le courage dans l’entreprise.

30 millions de présentation powerpoint envoyées par jour… 15 millions d’heures passées en réunion… 300 milliards d’emails envoyés par jour. L’accélération des rythmes de travail et du nombre d’information à traiter est continue. Pour rester dans le coup, chacun se sur-adapte et fait de son mieux. Les collaborateurs doivent être à la fois hyper performants et collectifs. Mais ce faisant, ils font face à un des plus grand défis de nos sociétés : l’érosion de l’identité. Ce phénomène d’érosion du sujet, du «je» est très présent dans nos sociétés. S’adapter aux demandes de l’entreprise tout en préservant son identité propre et ses valeurs demande aux salariés de faire preuve d’un grand courage.

«Mais dis donc, on est tout de même pas venu pour beurrer les sandwichs !»

L’érosion du sujet est un phénomène dangereux. C’est le sentiment de corrosion d’une personne qui vit une vie professionnelle dont elle désavoue les principes. Une personne qui va tous les jours faire un travail dont elle désavoue le sens, les objectifs, et les procédures. C’est le sentiment de se scinder entre d’un côté ce à quoi on croit et ce que l’on fait chaque jour dans l’entreprise. Un sentiment qui a des répercussion sur la motivation des collaborateurs…un récent sondage Gallup annonce que 50% des salariés se disent désengagés.

«Mais qu’est-ce que c’était que cette fusillade ? On ne se serait pas permis de vous flinguer sur le domaine ?»
– «Eh ben, on s’est permis.»

L’érosion du sujet n’est pas seulement le fruit d’un manque de cohérence entre valeur personnelle et vie professionnelle. Elle est aussi liée à la qualité de vie dans l’entreprise.  «Le courage véritable consiste chaque jour  à vaincre les petits ennemis» déclare Pau Nizan. Les petits ennemis ce sont ces petits actes d’incivilité que l’on peut percevoir chaque jour dans les entreprises. Petites vexations, les non-dits, les manifestations de mépris, les directives contradictoires…Mais aussi les feedbacks de mauvaise qualité. Comme certaines revues de performance. Nombreuses sont les entreprises outre-manche qui ont constaté que ce processus créait le mouvement inverse de ce qui était attendu. Au lieu d’une discussion stimulante sur la façon d’améliorer la performance des collaborateurs, les remarques et les notations des revues de performance causent souvent des perturbations, de l’anxiété et…une baisse de performance.  Beaucoup d’entreprises revoient leur copie.  Atlassian en particulier a mis en place un système intéressant qui semble porter ses fruits.

«Il chante et puis crac, un bourre-pif ! …Mais moi, les dingues, je les soigne. Je vais lui faire une ordonnance et une sévère… Je vais lui montrer qui c’est Raoul !»

Ce qui permet de résister à cette érosion de la personnalité, c’est notamment le courage. Très souvent on considère que le courage est une valeur extraordinaire. Réservée à certains dans des circonstances particulières. L’acte de courage, nous explique Cynthia Fleury dans «La fin du courage» est essentiel pour constituer une personne en tant que sujet. Je fais un acte courageux, et cela me permet de me considérer comme acteur de ma vie. Le courage est une vertu individuelle et collective. Le courage est un acte qui correspond à ce que l’on est et ce à quoi on croit. Il nous remet immédiatement au coeur de notre identité. L’origine du mot courage vient d’ailleurs mot «coeur».

«Y’a des impulsifs qui téléphonent, d’autres qui se déplacent.»

Si l’entreprise n’est pas une démocratie, il convient néanmoins de s’y comporter de façon citoyenne. Nous sommes tous régulateurs de la vie sociale professionnelle à tous les niveaux.  Ce qui redonne toute sa force au «je»,  c’est d’avoir des principes personnels et des pratiques professionnelles qui soient cohérentes. Cette cohérence des pratiques et des principes protège la personne de ce phénomène d’érosion identitaire, qui se manifeste par du burn out ou de la dépression. L’entreprise peut aider ce processus en libérant la parole des collaborateurs. La parole courageuse, à contre-courant du prêt à penser quotidien, doit être acceptée. Sans cela, les individus et les entreprises ne sont pas gagnants. Car le phénomène d’érosion du sujet entraîne dans les sociétés un appauvrissement de la capacité d’inventer, d’innover accompagné d’une baisse importante de la motivation et des performances. Libérer la parole c’est aussi éviter «des nuits blanches, des migraines, et des nervousses brékdones comme on dit de nos jours» (Bernard Blier).

 

La revue de performance : l’exemple d’Atlassian

http://letroisiemeoeuvre.com/la-revue-de-performance-en-question-lexemple-datlassian/1383

 

 

 

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By | 2012-10-18T09:37:51+00:00 octobre 17th, 2012|Culture d'entreprise, Identité d'entreprise, Management|0 Comments

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