Faut pas prendre les salariés pour des canards sauvages

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Faut pas prendre les salariés pour des canards sauvages

Les entreprises qui se soucient de leurs résultats se penchent plus que jamais sur la question de la motivation des salariés. Ces entreprises s’interrogent sur leurs plans de performances, l’aménagement de leurs locaux  pour favoriser l’engagement des collaborateurs… On prend en compte, le corps, et l’esprit. Et si on regardait ce qui se passe un peu plus à l’intérieur… l’âme par exemple, a-t’elle sa place dans l’entreprise ?

 

Le corps, l’esprit…et le porte-feuille  –

« Tu prends ta banane, ton bonus et marche à l’ombre»

En adaptant ses modes de management, l’entreprise cherche à parler à l’esprit et au coeur du salarié.  En aménagent des environnements de travail plus confortables, et du mobilier ergonomique, l’entreprise s’intéresse au corps. En récompensant les salariés avec des bonus, l’entreprise s’adresse à … quoi déjà ?

Voulant vérifier une étude du MIT qui annonçait que la motivation financière était contre-productive, la London Business School of Economics  a analysé 50 plans de performance de grandes sociétés. Leur conclusion ? «nous avons constaté que les récompenses financières avaient un résultat  négatif sur la performance». Oups. Un salaire décent est la base du minimum vital de motivation (merci Maslow). Mais les gros bonus ne garantissent, ni les performances et encore moins l’engagement des collaborateurs.

Et  l’âme  dans tout ça ?  

Et si  l’entreprise passait à côté de quelque chose de fondamental  ? Comme de nourrir l’âme des salariés. Comment ça l’âme allez vous dire ? Le rôle de l’entreprise n’a jamais été de nourrir l’âme des salariés. La question de l’âme reste dans le champs du privé, du spirituel et du religieux.  Notre culture nous a appris à séparer l’âme du reste.

Pourtant, nous reconnaissons l’âme comme le principe essentiel d’un travail bien fait. Animer, mettre en mouvement, c’est donner vie. Ne dit-on pas d’une oeuvre d’art ratée qu’elle «n’a pas d’âme», ou d’un travail moyen «c’est fait sans âme». Ne ressent-on pas la présence de l’âme du vrai leader quand il s’adresse à ses troupes ? N’avez vous jamais ressenti la différence entre un projet banal et un projet que vous avez développé avec votre âme, avec cette volonté d’en faire l’oeuvre la plus parfaite possible car contenant un peu de vous-même ? Nous réduisons souvent cela au coeur, «je le fais mais le coeur n’y est pas». Mais en réalité, c’est un mouvement plus profond qui entre en jeu.

Cette dissociation entre le corps, l’esprit et l’âme segmente notre façon d’aborder la question de l’engagement et de la motivation au travail. Nous nous occupons du corps avec l’ergonomie. Nous nous occupons du coeur et de l’esprit avec le management, mais jamais de l’âme du salarié.

La quintessence de la compétence : le prince et le boucher    

«On n’emmène pas des saucisses quand on va à Francfort»

Pour parler de l’âme sans entrer dans des considérations spirituelles, il faut se tourner vers la Chine. Car en Chine la notion d’âme n’existe pas. Il existe en revanche en chinois l’ expression yang sheng qu’on peut traduire pas «nourrir sa vie».  La «vie» dont il est question c’est la quintessence de l’être, son essence, sa vocation.

Une fable célèbre tirée du Zhuangzi illustre ce principe. Un prince s’adresse à un boucher pour savoir comment il arrive à découper un boeuf entier avec tant d’adresse et de rapidité. Le boucher répond qu’au début, il voyait le boeuf, puis avec les années il ne le voyait plus, mais il ressentait immédiatement les gestes à faire, si bien que sa rapidité et sa précision lui permettait d’effectuer son travail mieux que quiconque.

Bien plus adaptée que la notion d’âme, la quintessence correspond à ce principe vital qui nous motive et nous pousse à nous améliorer dans des domaines qui nous correspondent.  Cette motivation vient de l’intérieur, et les formes de motivation extérieures comme un bonus ne l’atteignent que peu. Les salariés qui ont la sensation que leur travail leur permet d’utiliser chaque jour leurs points forts sont plus motivée, plus efficaces et ont une meilleure qualité de vie que les autres.

Les trois quart des salariés n’utilisent pas leurs points forts au travail

«Le monde se divise en deux catégories; ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses.»

Votre travail vous donne-t-il l’opportunité d’utiliser des compétences qui correspondent à vos points forts ? Cette question, issue d’un sondage Gallup a été posée à 10 millions de personnes dans le monde. Les trois quart des personnes interrogées, soit plus de 7 millions, ont répondu négativement. Ces personnes n’avaient pas le sentiment d’utiliser leurs points forts, ni leurs compétences clés dans leur travail.

Parmi les personnes qui ont répondu négativement, pas une seule ne s’est jugée «impliquée émotionnellement dans son travail». En revanche, les personnes qui ont la sensation d’utiliser leur meilleur potentiel dans leur travail se déclarent très impliquées dans leur travail. Une autre étude montre que le taux de désengagement des salariés est d’environ 40% quand le manager les ignore, de 22% quand le manager se focalise sur leurs points faibles, et de moins de 1% quand le manager se concentre sur l’amélioration de leurs points forts.

Le best seller Strenghfinder de Tom Rath fait écho à cette notion chinoise de quintessence. Tom Rath propose à  chacun de s’auto-évaluer pour trouver ses forces naturelles. Il liste des compétences qui n’ont rien à voir avec des critères classiques de compétences demandées dans un entretien d’embauche.

Finalement, nourrir cette quintessence est la clé de la motivation de chacun. Et au delà de postes et de compétences stéréoptypées, l’avenir de l’entreprise est de miser sur les véritables talents de chacun. Toute entreprise dont les salariés par leur travail nourrissent leur quintessence fera un bond impressionnant en performance individuelle et collective. Heureusement de nouvelles méthodes innovantes arrivent pour engager davantage les salariés, et par la même occasion doper l’innovation dans les sociétés. Si vous voulez en savoir plus, contactez nous, nous serons ravis de vous les présenter !

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By | 2012-09-02T12:18:24+00:00 juillet 12th, 2012|Communication, Communication Interne, Culture d'entreprise, Management|1 Comment

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One Comment

  1. Eric DOMAGE 19 septembre 2012 at 11 h 02 min - Reply

    C’est agaçant à la fin de critiquer le modèle pyramidal français enseigné (ou pas enseigné, c’est plutôt la le problème) dans nos écoles d’ingénieurs où la compétence technique prime sur la compétence managériale, offrant à des bras cassés sociaux les plus belles opportunités de carrière !
    Le pire est que ces entreprires gérées par des technocrates monomaniaques créent une véritable attirance car elle sur-protègent les jeunes en leur évitant de prendre des risques, d’avoir de bonnes idées ou d’oser analyser le modèle de l’intérieur.
    Combien de fois m’a t-on demandé en tant que Consultant de passer des messages au management parce que ma posture externe me permettait toutes les critiques et que certains cadres risquaient le bagne pour dire ou suggérer la même chose !

    Cette chronique est bien trop moderne, bien trop intelligente, il faut la supprimer car elle remet gravement en cause un modèle qui marche bien, foi de Centralien et d’X ! On a déjà donné les 35h , ca suffit !

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